Mon expérience : lapin au demi-marathon des Deux-Rives

Il y a deux semaines, j’ai été mis au courant qu’il manquait des lapins de cadence pour le marathon des Deux-Rives. Je me suis dit que ce serait certainement une bonne façon de faire une longue sortie, d’aider d’autres coureurs et de m’amuser. J’ai participé à une épreuve de cet évènement seulement une fois, un 10km, lors de mes débuts en course à pied. C’était donc en même temps une excellente occasion pour moi de renouer avec cet évènement.

J’ai donc été choisi (je pense que j’étais le seul volontaire ) pour mener les coureurs ambitieux au fil d’arrivée en 1h30. La veille, je sorti une liste des temps de passage à respecter, tout en sachant que nous perdrions probablement un peu de temps en montant vers le pont de Québec et qu’on en gagnerait un peu en redescendant vers le boulevard Champlain.

Je me suis levé vers 5h30 dimanche matin, j’ai pris mon déjeuner normal (et non mon déjeuner pré-compétition), puis je me suis rendu au site de départ des autobus vers 7h. Sur mon chemin, j’ai croisé beaucoup de coureurs qui voyaient des lapins pour la première fois. J’ai aussi compris pourquoi ceux qui ont été lapin une fois le refont : tout le monde est environ 5 fois plus gentil avec vous. Les gens que tu croise dans la rue te disent tous ”bonjour”, ceux qui attendent l’autobus avec toi te posent des questions ou font des blagues sur tes oreilles et les bénévoles s’assurent que tout va bien pour toi. En marchant vers les autobus, je suis en t-shirt et en short et… j’ai chaud. Je me dis que j’ai vraiment pris la bonne décision d’être un lapin et de ne pas être venu pour faire un temps.

Dans l’autobus, je me suis assis avec un très chic type qui a commencé à courir l’année où il a été président d’honneur du marathon de Rimouski. On avait déjà quelque chose en commun : un amour pour ce sympathique marathon. Nous avons discuté de tout et de rien. C’est fou comment la course à pied peut rassembler des gens de tous les horizons en  une minute.

On arrive vers 8h05 au site de départ du demi-marathon. Pas le temps d’aller au toilette, il vaut mieux se diriger directement vers le départ. J’explique en chemin à ceux que qui me le demandent que ma stratégie ne sera pas de faire 10 minutes de course et une minute de marche (comme inscrit sur mon t-shirt) et que je serai plus lent en montant et plus vite en descendant.

Km 1-2 : Ces kilomètres sont assez plats, on gruge quelques secondes sur le temps et je note que beaucoup sont partis trop vites, comme d’habitude. Au 2e kilomètre, il y a un groupe d’environ 30 coureurs autour de moi. J’explique donc ma stratégie pour une Xe fois et indique aux coureurs qu’il vaut mieux tout de suite commencer à ”couper les tournants”, afin de préserver nos jambes pour plus tard. Je note tout de suite que certains ne sont pas du tout à leur place, ils sont essoufflés après 2km, mais je ne me sens pas encore assez à l’aise dans mon rôle de lapin pour leur dire de ralentir, peut-être la prochaine fois… ou peut-être que ce n’est pas le rôle du lapin…

Km 3 à 7 : Pendant ces kilomètres, nous avons ralentit la vitesse autour de 4:25/km, afin de ne pas se casser les jambes dans les montées et pour nous permettre de récupérer une fois sur le pont de Québec. Rendu au 7e kilomètre, nous sommes environ 5 dans mon groupe… Je pense que c’est normal, compte tenu de la chaleur et de la difficulté du parcours. À Québec, si tu vaux environ 1:25 sur un demi frais et plat, tu dois viser autour de 1:30, sauf que peu de gens font cela… Au bout du pont, après 7km, nous avons environ 1 minute de retard sur notre objectif.

Km 7 à 15 : Il faut reprendre le retard du pont. Je conseille aux coureurs avec qui je suis de suivre le chemin le plus court chaque fois que c’est possible. Ils courent à l’intérieur des courbes, il traversent la route le plus lentement possible (plus longue diagonale). On n’y pense pas toujours, mais c’est probablement la façon la moins souffrante de réduire son temps d’environ 10-20 secondes… De l’autre côté du pont, nous avons le vent dans le dos et il fait très très chaud. J’ai soif, mais je laisse la priorité aux ”vrais coureurs” et je leur conseil de se verser de l’eau fraîche sur la tête afin de se refroidir. Au 15km, nous sommes ”on pace”.

Km 15 à 21 : J’essaie d’être le plus régulier possible. J’encourage les coureurs à se trouver des mots clés, à s’encourager eux-mêmes. On commence à rattraper du monde qui marchent ou qui ont ”explosé”. J’essaie de les encourager le mieux possible. Rendu au 20e km, il y a une station de gel, je me demande ce qu’ils font là avec du gel, personne n’en prend ou presque… Dans le dernier kilomètre, je me rend compte qu’on a environ 30 secondes d’avance, j’encourage donc tous les coureurs près de moi à me rattraper, à me dépasser, à se donner à fond. Dans le dernier 100m, sur le tapis rouge, je laisse ceux qui vont rentrer me dépasser et je passe la ligne d’arrivée en 1h29:52. Mission accompli.

Je le ferai encore! Bravo à tous ceux qui ont bravé la température et notamment, Rino que je n’ai presque pas vu de tout le parcours, mais qui a cassé le 1h30 dans des conditions assez extrêmes…

13 réflexions au sujet de “Mon expérience : lapin au demi-marathon des Deux-Rives”

  1. Hey hey ,merci ….ouais 1h29et54sec … Toi tu ne m’as pas vu …Mais je ne t’ai jamais perdu de vu …tu m’as donc ” tiré ” jusqu’a la ligne d’arrivé ……….Merci et tres bon travail de lapin que tu as fait …..

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  2. Super bon plan de match et tu as été un super bon lapin, merci. Moi j’ai eu un coup de chaleur a 13 km et j’ai vraiment été dans le rouge, donc j’ai terminé pout pout avec le sourire !! Merci a Daniel Riou pour le bon travail !

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  3. Merci pour ce récit de course!
    Ce doit être motivant de suivre un lapin! Je voulais suivre celui de 2:00… Mais je ne l’ai pas vu de la course après le départ… Par contre, vers le 15 e km j’entendais les spectateurs dirent en regardant un peu plus loin derrière moi:” je vois le lapin de 2:00, il /elle doit pas être loin…”… Je ne me suis jamais retourné pour voir combien loin était ce lapin, mais mon but jusqu’à la fin ( quelle fin difficile!), était de ne jamais le voir… J’ai réussi! Terminé en 1:59, probablement tout juste devant lui!

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  4. @Karine, Bravo, objectif accompli!
    @Richard Je crois que tu n’as pas été le seul à souffrir de la chaleur… J’espère t’avoir donné un coup de main!
    @Rino Merci, bon travail de coureur que tu as fait 😉

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  5. Merci pour ce beau récit, tu écris vraiment super bien et c’est le fun de te lire. En tout cas, à te lire, j’aurais bien aimé t’avoir comme “lapin de cadence” pour le 2h00 🙂 même si je suis convaincue que les autres lapins ont fait un excellent travail.

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  6. Merci Daniel pour ce récit. C’est toujours très interessant de te lire. Je ne suis pas assez rapide (encore) pour te suivre à cette cadence, mais j’avais comme objectif d’essayer de suivre le lapin de 2h. Finalement, il aura toujours été derrière moi. J’ai terminé en 1:58:49 à mon tout premier demi marathon et j’en suis très fier. Je ne cours que depuis le 22 août 2011 et j’ai eu toutes les difficultés du monde, au début, à courir pendant une seule petite minute… c’est dire tout le chemin parcouru. Merci tout simplement aux lapins !

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  7. @François : moi aussi, je préfère nettement cela! Bravo en passant pour ton excellent marathon compte tenu des conditions…
    @Marie-Pier : peut être un jour!
    @Karine 1 : Pour les avoir rencontrés le samedi, je pense que la plupart des lapins étaient très bons…
    @Karine 2 : De repos complet : 1 ou 2 journée, de repos relatif, si tu t’es donnée à fond, 21 jours… En fait, pour récupérer complètement d’une épreuve MAXIMALE, on se donne environ 1 jour par km parcouru lors de la compétition
    @Antoine : J’espère que tu revis des bons souvenirs 😉
    @Paul : Bravo, je crois que personnellement, je suis toujours un peu plus fier de ceux qui partent de loin (courir 1 minute) que de ceux qui ont ça très naturel. En fait, pour avoir du mérite, ce n’est pas nécessaire de courir vite, mais d’avoir progressé.

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  8. Je cours depuis fin mars, avec comme objectif de faire le demi en moins de deux heures, finalement, au 17 ème, j’ai pogné un mur, et j’ai dû prendre 7 minutes de pauses, j’ai trouvé le courage, je dis bien courage, parce que de l’énergie, j’en avais plus, et j’ai terminé, avec fierté, en 2:12. J’ai réellement sous-estimé l’épreuve, et l’an prochain, avec plus d’un an d’entraînement, j’atteindrai mon objectif. Merci pour ton résumé de la course, tu m’as refait vivre de belles émotions.

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