Mon premier marathon en trail

Ceux qui me connaissent savent que je carbure aux défis. Dans la vie de tous les jours, j’ai besoin de challenges sportifs intenses. Vu que la course à pied n’est pas le sport que je pratique très régulièrement, j’avais envie d’essayer tout bonnement, un marathon. Un marathon en trail.  

5  octobre 3h am. 

Je sors du lit. La nuit a été plutôt courte. En fait, il n’y a pas eu de nuit, je n’ai pas fermé les yeux. Je mange ma gibelotte préparée la veille; un gruau au lait d’amande. Il fait -3 degrés. Je m’habille et je sors prendre un café au resto, avec mon ami Éric. Il est tellement tôt que c’est du dance qui joue encore à la radio, les clubs ne sont pas encore fermés. Ça nous motive, la vibe, pour l’instant est bonne. Je m’hydrate bien. Dans ma tête, y’a un mélange d’excitation et de peur. Je me rappelle mon objectif et tout le chemin parcouru pour arriver à cette journée. Quoi qu’il arrive, je suis déjà une gagnante à la ligne de départ, car j’avais fait tout un travail pour y arriver. Le départ est dans 45 minutes. Je suis soudainement prise de la diarrhée du coureur…. ah le stress. Nous rejoignons le point de rencontre des coureurs, mes amis de la Malbaie sont là! On jase, on rit, ça détend mon atmosphère.

5 octobre 6h25 am

Je suis sur la ligne de départ. Je me pose 100 000 questions. Qu’est ce que je fais ici? Pourquoi je fais ça? Ça me donne quoi? Je ne me trouve pas à ma place. Les gens ont trop l’air sérieux comme si toute leur vie en dépendait… À ce que je sache, tout le monde travaille lundi 😉 Je chasse ces mauvaises pensées, je fais un clin d’œil dans ma tête à mon ami Martin pis j’me dis: “Aweille la grande, fais pas ta chochotte, toi aussi tu es capable”. 6h30, le départ est donné, mon stress a disparu. 

Je connais le parcours par cœur donc je sais ce qui m’attend. Je me rends vite compte que ça ne m’avantage pas pour autant, car ça me fait focusser sur ce qui s’en vient au lieu du moment présent. Je me fais dépasser beaucoup au début, mais pour une rare fois, cela ne me dérange pas. Je veux trouver mon rythme et être seule. Ce qui est fait après 45 min. Je ne recroiserai que les bénévoles aux ravitos ainsi qu’à la fin. Donc, j’ai couru pratiquement 5h seule en nature. Le rêve! C’est mon moment. Je me suis sentie libre et forte. La température est magnifique, le soleil y est. Je suis tellement dans les nuages que j’oublie de regarder où je mets les pieds; boom et de 1. Un vol plané dû à une racine cachée sous les magnifiques feuilles mortes. OUTCH. Des comme ça, il va y en avoir une dizaine. À un moment donné, j’me suis assise sur une roche 20 minutes pour y reprendre mes esprits et constater l’état des dégâts. Bon, 3 ongles d’orteils en moins, des écorchures partout, ma ceinture de rythme cardiaque enfoncée dans mon sternum. Rien de cassé, peut-être des orteils mais c’est un détail. Allez hop! Bambi repart. J’ai une force mentale incroyable. Je gère bien mon énergie, d’ailleurs les fudges au sel des ravitos étaient excellents. Il ne reste que 10 km. Je garde le cap même si le body souffre en silence. J’ai hâte de revoir mes amis, je sais que ça fait bien longtemps qu’ils ont franchi la ligne d’arrivée. J’entends des gens au loin, enfin de la civilisation pour la fin! Je me permets de chuter une dernière fois histoire de bien finir ça. Je termine les 3 derniers km en accélérant le pas, une dose d’adrénaline m’emporte. Je mets un pied sur la ligne d’arrivée les larmes aux yeux. Fière et contente de moi. 

Je n’avais jamais couru de marathon. 30 km était mon maximum. J’ai réalisé mon objectif qui était de le faire sous les 6h et de finir dans les 10 premières femmes. J’ai sacrifié ma saison de vélo pour la course à pied. J’ai suivi mon plan pratiquement à la lettre et j’ai pris les journées de repos suggérées. Je me suis disciplinée comme jamais. J’ai fait cet événement pour moi et non pour gagner. Tout objectif est réalisable quand nous y mettons temps, dévouement, discipline et volonté. 

J’ai fait la rencontre, il y a quelques mois, de monsieur Pierre Beauregard, qui a écrit le livre L’approche des défis par le plaisir… toujours gagnant. Son livre a changé ma perception et mon attitude face au sport. J’ai vite compris que tout était possible dans la vie. Il suffit d’avoir un rêve, un défi, un projet et de mettre le premier devant pour enclencher la roue.   

Site web et livre de Pierre Beauregard. 

7 réflexions au sujet de “Mon premier marathon en trail”

  1. Toutes mes félicitations Marie-Ève ! Très beau récit et une belle détermination, c’est tout à ton honneur ! Au plaisir et bonne saison hivernale !

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  2. J’adore lire le “behind the scenes”, tout particulièrement le cheminement mentale d’une personne. Ça rends le tout, humain. Merci pour ton récit de course, ainsi que le partage d’un livre qui t’a inspiré! Félicitations!

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  3. Bravo Marie-Ève, on aurait dit mon propre récit en te lisant. 🙂
    J’ai moi-même négligé mon vélo depuis quelques années au profit de la course en sentier. J’ai progressivement haussé mes distances de défi de 10-15 km à ma première année de course à pied (2016) à 20-30 km l’année suivante, et pour 2018, je m’étais fixé comme objectif de courir un marathon en trail. Bulle au cerveau à la période des fêtes 2017-18, je me suis inscrit à Harricana 80 km… Bref, discipline d’entrainement incroyable, hausse progressive du volume de km, et voilà que j’ai réussi mon défi en septembre 2018 à 54 ans. Je ne me considère pas comme un super athlète (12h22 pour 80km), mais j’ai prouvé à quiconque que lorsqu’on se fixe des défis et qu’on prend les moyens pour réussir et qu’on se visualise à croiser le fil d’arrivé, on peux y arriver.
    Bravo et lâches pas. 🙂

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  4. Bonjour Marie-Eve!
    J’ai cru me reconnaître..mais moi c’était un demi….mon premier….focus, lecture sur le sujet, moins faire de vélo, entrainement assidu, trouvé mon tempo et le respecter…être dans le bonheur et non la performance durant la course. Tout m’est arrivé, pas de dossard, pas entendu le départ, dernière à partir…se faire suivre par le véhicule qui ferme la course…mais rester focusser à vivre MON moment, MA course….et j’ai réussi un peu en bas du temps que j’avais espéré. .même si mon propre chum de l’époque ne croyais pas en moi! La preuve que le mental c’est fort…

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  5. Quel grand bonheur de savoir que le livre que j’ai écrit ai pu influencer positivement une sportive telle que toi…
    Bravo bravo bravo!
    Tu étais (comme tu l’as écris) déjà une gagnante sur la ligne de départ…
    Merci pour le lien vers mon site web.

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