Courir pour méditer?

Courir, se mettre en mouvement, permet de sortir du mental. Vrai? Pas toujours, et pour y parvenir, encore faut-il avoir conscience que les pensées prennent toute la place. J’ai souvent entendu des coureur.ses dire que la course est leur méditation, je l’ai aussi cru à certaines époques de ma vie. Nous avons la possibilité de bouger pour sortir de notre mental et la course nous permet de faire le vide, c’est vrai. Toutefois, la méditation proprement dite, dans le sens le plus puriste du terme, ne se fait pas en mouvement. Néanmoins, l’approche yogique que j’adopte et le courant que j’étudie pourraient permettre de dire que, oui, il y a une forme de méditation dans la course.

En fait, il y a 7 étapes dans l’approche méditative, dont le mouvement qui se retrouve dans les 3 éléments, Asana. Le ou la coureur.se qui entre dans son entraînement de manière consciente, comme écrit précédemment dans « De l’importance de courir en pleine conscience », aura directement accès à différentes branches de la méditation. Elle/Il entrera peut-être même en état d’éveil, s’il/elle est expérimenté.e. Loin de moi l’idée de mettre de l’avant que la méditation n’est accessible que d’une manière. Par contre, il va de soi que, comme tout dans la vie, c’est avec l’expérience que l’on récolte les fruits de notre labeur.

Ces quelques pistes pourraient vous aider à savoir si votre course est méditative et à adapter quelques-unes de vos sorties si vous souhaitez expérimenter la méditation en courant.

1. Êtes-vous un.e coureur.se solo ou en groupe? Yama – notre relation aux autres

Si vous êtes du genre à rechercher tous ces moments de réunion entre ami.es où les kilomètres filent au rythme des causeries, rien de mal! Cela vous permet de vivre un moment et de partager, un besoin essentiel. Tentez de vous offrir également au moins un entraînement, ou plus, en solo, par semaine. Ainsi, vous pourrez mieux plonger dans votre course à vous, et en tirer des avantages liés à la méditation.

2. Lors de vos sorties, est-ce difficile pour vous de ne pas avoir d’attentes? Niyama – notre relation à nous-même

Si oui, essayez lors de vos prochaines sorties de ne courir que pour courir. La saison des compétitions tire à sa fin et vous aurez davantage d’espace pour vous accorder des entraînements libres. Il n’y a rien de plus bénéfique que de faire une activité sans aucune attente de résultat. Cela ne signifie pas de ne pas être à votre meilleur; au contraire, cela peut vous y mener! Sortir courir pour le simple plaisir d’avancer, de respirer et de bouger vous permettra de connecter avec quelque chose de plus grand que ce que votre corps physique peut vous offrir.

3. Lorsque vous sortez, vous mettez-vous à ressasser votre journée? À penser à ce que vous devez faire après votre entraînement? Pranayama et Pratyahara – conscience du souffle, et conscience des sens

Si oui, tentez de vous ramener uniquement aux sensations qui vous entourent; odeurs, sons, bruit de vos pas, rythme de votre respiration qui se modifie, selon les kilomètres qui s’accumulent. Cela vous permettra de vous détacher du mental. En yoga, on pratique pranayama pour être en contact avec le souffle et, ainsi, se ramener au moment présent. C’est pourquoi mon approche préférée est de me centrer sur ma respiration durant mes sorties. Je vous en ai déjà glissé un mot dans « Entrainements respiratoires d’une coureuse et yogini ». Nul besoin de faire des exercices de respirations dirigés pendant que vous courez; prenez simplement le temps d’observer la qualité, les changements et l’état de votre respiration.

4. Lorsque vous courez, ayez une vision! Dharana – la concentration

Ici, l’intention n’est pas de vous mener vers une grande vision, mais bien de fixer un point devant, vers lequel vous avancez. Un point qui ne sera pas fixe et que vous ne pourrez atteindre; plus loin que le simple élément physique que vous pouvez percevoir grâce à votre vue, donnez-vous un objectif loin devant. Une vision vaste et large, et avancez. Comment votre corps réagit-il à cette motivation?

Les 2 derniers éléments, soit Dhyana et Samadhi, pourront prendre place au retour à la maison. Eh oui, on ne pourra pas vraiment fuir le moment d’arrêt essentiel à l’intégration. Une fois votre mental libéré, vos sens éveillés, votre rapport à vous-même et aux autres mis à distance, que reste-il? Comment, sur votre tapis, vous pouvez accéder à plus grand, et intégrer votre pratique, afin que la course devienne une avenue vers la méditation et ses nombreux bienfaits? Évidemment, c’est avec la constance que vous pourrez y accéder, et il y aura des journées plus faciles que d’autres. 🙂

Bonne sortie et douce méditation!

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