Course et pollution de l’air : y a-t-il des risques?

Collaboration spéciale de Daniel Cantin, Chercheur spécialiste, INO (Institut national d’optique)

Comme adepte de la course à pied, vous devez déjà connaître (et même ressentir) les nombreux bénéfices de la course à pied sur votre corps, votre santé et votre moral. En revanche, si vous pratiquez votre sport dans un milieu pollué, comment pouvez-vous y gagner tous les bienfaits et non subir les conséquences que l’exposition à l’air pollué peut avoir sur votre organisme?

La pollution de l’air par les particules est responsable de plus de 4 millions de décès par année dans le monde. Elle affecte notre santé pulmonaire, certes, mais aussi la santé du cœur et la circulation sanguine. Elle a des incidences sur plusieurs maladies telles que le diabète de type II, la démence, plusieurs types de cancers, l’autisme, et bien d’autres. Ces effets sont observables sur l’être humain à des concentrations d’agent polluant inférieures aux normes acceptables du Québec et du Canada, qui sont de 10 µg/m3 sur une année pour les particules fines (PM2.5).

Heureusement, les arbres de grandes tailles forment une barrière à la pollution atmosphérique, mais ils ne peuvent pas tout bloquer! Au Québec, on estime que la pollution provient principalement des poêles à bois et de la circulation automobile (dont les véhicules diesel pour 87 %). Les risques de courir et respirer un air vicié sont donc plus que probables en milieu urbain…

Comment adapter nos habitudes de course pour retirer un maximum de bienfaits?  Nous pouvons tout d’abord établir une sorte de distanciation avec les éléments polluants, en évitant les grandes artères et en ne sortant pas lors des heures de pointe, où les niveaux de la journée sont au plus haut. En courant à plus de 200 m d’une grande artère, nous pouvons réduire jusqu’à 50% notre exposition aux polluants. Idéalement, il faudrait courir en amont du vent par rapport aux grandes artères de circulation, éviter les quartiers résidentiels où le chauffage au bois prédomine en hiver surtout tôt le matin ou en fin de journée, lorsque le vent est plus faible et que les concentrations de particules sont plus élevées. Si possible, vous pouvez aussi courir dans un parc ou un quartier avec beaucoup d’arbres.

En tout temps, vous pouvez consulter l’indice de la qualité de l’air dans votre région (http://www.iqa.environnement.gouv.qc.ca/contenu/index.asp) pour planifier vos entrainements. Avec ces quelques changements à vos bonnes habitudes, vous pourrez ainsi augmenter les bienfaits de votre sport préféré. Bonne course!

Si la course et la pollution de l’air vous interpellent, nous vous invitons à répondre ce court sondage de deux questions. Vos réponses seront bien utiles pour l’équipe de chercheurs de l’INO.

Pour aller plus loin, vous pouvez aussi consulter les références suivantes:

Le blogue INO : 
https://www.ino.ca/fr/blogue/qualite-air/

Au Québec, les particules fines sont une menace (impacts des poêles à bois et diésel): https://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=particules_fines_qc_page1_do

The Effects of Fine Dust, Ozone, and Nitrogen Dioxide on Health: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31941576/

Risk Estimates of Mortality Attributed to Low Concentrations of Ambient Fine Particulate Matter in the Canadian Community Health Survey Cohort: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26864652/

Neuf personnes sur 10 respirent un air pollué dans le monde: https://www.who.int/fr/news-room/detail/02-05-2018-9-out-of-10-people-worldwide-breathe-polluted-air-but-more-countries-are-taking-action

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