Athlète de haut niveau : la seule profession où le dopage est condamné?

Définition « dopage » (source Wikipédia) : Le dopage est la pratique consistant à absorber des substances ou à utiliser des actes médicaux définis par des organismes ad hoc afin d’augmenter les capacités physiques ou mentales (hématocrite, battements du cœur, confiance en soi, etc.) d’un sportif. Le terme anglais « doping » fut largement employé avant que le Comité du langage scientifique n’impose une francisation en 1958.

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Je suis absolument contre le dopage ! Mais je suis également à l’encontre d’une analyse simpliste qu’est la situation du dopage. Condamner sans réfléchir à une situation et dire  »moi, je ne le ferai jamais », c’est facile et ça ne fait guère avancer les choses.

Il est normal que, pour la plupart d’entre nous, le dopage ne soit pas une option car nous ne sommes pas assez performants pour que cela en vaille la peine. Ainsi, nous ne risquerons pas de décevoir aucun commanditaire, ni nos proches qui ont peut-être investi beaucoup d’argent et de temps pour notre carrière sportive, ni même nos familles que nos performances sportives « entretiennent »… Il est aisé de ne pas penser à l’option « dopage » lorsque notre seule objectif est d’atteindre la ligne d’arrivée lors d’un marathon. Il est facile aussi de se dire :  »Jamais, pas moi ! impossible » (pour plus de détails sur ce point, je vous invite à lire mon article paru en 2012 sur le cas de Lance Armstrong).

Mon point aujourd’hui : seuls les athlètes professionnels sont condamnés pour leur cas de dopage et/ou leurs conduites dopantes.

 

Conduites dopantes

Une conduite dopante est une consommation de substance pour affronter un obstacle réel ou ressenti, par l’usager ou par son entourage, à des fins de performance1.

 

Dans cette définition :

  • «Consommation» se décline en usage (consommation sans dommage sanitaire, ni social), abus (dommage sanitaire ou social) ou dépendance (perte de la liberté de s’abstenir volontairement de la substance, avec dommage sanitaire ou social. C’est la catégorisation habituelle, quoi qu’ici résumée, de la Classification internationale des maladies (CIM 10) ou du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM IV).
  • «Substance» est un médicament, un stupéfiant ou un complément alimentaire.
  • «Obstacle» représente une situation jugée problématique, comme un examen scolaire, un entretien d’embauche, la prise de prendre la parole en public, effectuer des heures supplémentaires sur son lieu de travail, etc. Cet obstacle peut être réel, objectif, ou ressenti (perçu). Par exemple, certaines personnes craignent l’épreuve pratique du permis de conduire ou la prise de parole en groupe, d’autres pas. Enfin, l’obstacle peut être jugé problématique par l’usager de la substance, ou par son entourage. Par exemple le conjoint, les parents, etc. Il s’agit alors d’une conduite dopante par procuration.
  • «Performance» constitue la finalité d’une conduite dopante. Cette performance peut être physique ou intellectuelle, mais ne représente pas nécessairement un exploit. Il s’agit de la réalisation d’une activité en situation ordinaire, dans le contexte de la vie de tous les jours.

Sources : Wikipédia, qui tire sa source de : Laure P., Dopage et société, Paris : Ellipses, 2000

Vous prenez une bouteille de vin le vendredi soir afin de vous aider à vous détendre de votre semaine de travail ? Et sans cette bouteille de vin, vous ne vous sentez pas relaxé ? = conduite dopante.

Vous devez effectuer des heures supplémentaires et prenez plusieurs cafés pour vous tenir éveillé ? = conduite dopante.

Vous êtes nerveux à l’approche de votre rencontre avec un(e) partenaire potentiel et vous prenez un « shooter » pour vous calmer = conduite dopante.

Vous n’êtes pas certain de vous qualifier pour le marathon de Boston et vous prenez du jus de betterave ? = conduite dopante.

Vous avez de la difficulté à vous endormir et vous prenez régulièrement une petite pilule décontractante voir un somnifère ?= conduite dopante.

Vous avez un tournoi de tennis qui s’en vient et vous décidez d’arrêter de manger de la poutine = conduite dopante.

Vous êtes avocat et vous sentez le besoin de prendre des stimulants pour passer au travers de votre travail et être performant, puis vous devez prendre une pilule pour dormir = conduite dopante.

Vous êtes médecin, chirurgien et vous êtes souvent fatigué par vos longues heures de travail. Pour vous tenir éveillé et ne pas commettre d’erreur, vous prenez un café (ou autre) ? = conduite dopante.

Vous êtes étudiant à l’université et vous vous « claquez » deux  »red bull » pour étudier = conduite dopante.

Le Maire d’une grande ville canadienne (…) fume de la marijuana ? = conduite dopante.

Certains votent quand même pour lui, car  »il fait la job »… (et la une des journaux).

Notre société encourage les conduites dopantes !

Vous me voyez venir j’imagine… Une grande partie d’entre nous a des comportements dits « dopants », avouons-le : cela ne signifie pas que si nous étions des athlètes de haut niveau, nous nous doperions encore plus. Mais cela signifie que, comme les athlètes, nous utilisons des substances externes afin d’améliorer nos performances sociales, professionnelles ou sportives…

Nous ne sommes pas « contrôlés ». Les athlètes oui !

Comment peut-on exiger de ces athlètes ce que nous n’exigerions pas de nous-même ?

 

En conclusion

Est-ce que je trouve cela désolant de voir que, par exemple,  Rita Jeptoo s’est dopée ? Absolument !

Est-ce condamnable ? Complètement !

À qui la faute ? Certainement la sienne…!

Faut-il lui jeter la pierre ?  »Que celui qui n’a jamais eu de conduite dopante lui jette la première pierre ! »

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Daniel Riou Directeur général
Directeur général du Groupe Défis, fondateur du Défi Entreprises et co-fondateur d'Altterre. J'adore tout ce qui touche l'activité physique et la santé globale. Détenteur d'un baccalauréat en Kinésiologie de l'Université Laval Diverses formations par La Clinique du Coureur Programme Émergence de l'École d'Entrepreneurship de Beauce Programme National de certification des entraîneurs Niveau 2 en badminton Programme National de certification des entraîneurs Niveau 1 en haltérophilie

12 réflexions au sujet de “Athlète de haut niveau : la seule profession où le dopage est condamné?”

  1. Bonjour Daniel,
    Je suis assez d’accord avec vous sauf sur la notion de « conduite dopante » qui est une définition « fourre-tout » qui crée plus de confusions qu’autre chose… Je préfère largement le terme de « conduites nocives de performance » qui peut, par exemple, inclure la sous-nutrition de certains sportifs (gym, boxe, etc) ou le sur-entraînement. Ainsi, on comprend mieux que le « dopage » est une infraction à un règlement. Et quand on fait du sport, il y a des règles à respecter… Voici un lien qui parle de ces notions : http://www.sportifinfoservice.fr/prendre-un-complement-alimentaire-est-ce-une-conduite-dopante.php
    Amitiés sportives
    Dorian

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    • Effectivement, vous avez un bon point. Ce que j’aime de l’expression  »conduite dopante », c’est qu’on comprend mieux qu’on ne passe pas du jour au lendemain d’athlète sain à athlète dopé. En général, les athlètes commencent par des comportements de performances, qui s’approchent de plus en plus du dopage. Comment qualifier l’utilisation de produits non-sanctionnés, mais qui peuvent avoir un effet déleter sur la santé de l’individu? Par exemple, la prise d’AINS?

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      • Pendant des années j’ai utilisé l’expression « conduite dopante » lors des séances de prévention que je menais auprès des sportifs et, ma conclusion, est qu’elle crée trop de confusion. Les sportifs ont besoin de se repérer par rapport à la loi. Qu’est ce qui est interdit et qu’est ce qui est autorisé. La limite étant le dopage. Après, le rapport que peuvent entretenir certains sportifs avec des produits autorisés peut également être problématique. Si on mange 50 oeufs par jour : on peut mettre sa santé en péril; pourtant l’oeuf n’est pas un produit interdit… Il s’agit là d’éducation à la santé et d’accompagnement. Pour moi un sportif qui abuserait de la prise d’AINS se trouverait dans une « conduite nocive de performance ». Le produit n’aurait alors plus la vocation de soigner l’individu mais de soigner la performance.

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