De l’importance de courir en pleine conscience

La course nous amène à repousser nos limites et, parfois, à frapper notre mur pour le dépasser… ou non. En fait, je serais plus à l’aise avec l’expression rencontrer son mur que frapper. Les coureurs d’élite, ce que je ne suis pas, connaissent cette sensation et ils en retirent une grande fierté, une grande force. Parfois, cette satisfaction perdurera plusieurs mois; d’autres fois, cela ne sera pas suffisant. La pleine conscience, une des branches du yoga, nous permet de déguster chaque pas, chaque réussite, mais aussi, chaque « échec ».  Parfois, il est mieux de rencontrer son mur que de rentrer dedans. 

Mes entraînements de course se font toujours en solo et sont d’intensité modérée à intense. Je trouve du plaisir à repousser mes limites, quand je « feel » pour cela. Je m’entraîne pour un seul objectif; me sentir bien. Je ne suis pas une coureuse qui aime faire de la compétition, mais je comprends que l’on puisse aimer la sensation de courir en gang. Néanmoins, j’ai une condition particulière au niveau des lombaires, pour laquelle je me fais traiter en ostéopathie quelques fois par année, et j’ai encore du mal à m’arrêter quand je sens que mon « p’tit dos me parle ». C’est grâce au yoga que j’ai appris, et que j’apprends encore, à prendre conscience de mon besoin, au jour le jour, et à adapter mes sorties de course et mes entraînements de renforcement. 

Le yoga améliore notre capacité à ressentir les tensions de notre corps. Autant dans mes entraînements musculaires, que dans ma course, ou ma pratique de yoga, j’ai plus facilement accès (pas toujours) aux messages que m’envoie mon corps. Je ressens mieux, car je tente d’être le plus souvent en pleine conscience. Cela peut avoir comme impact de limiter mes sorties de course une semaine, où j’ai des limitations corporelles, mentales ou de santé globale; mais, cela me permet (presque) toujours de m’arrêter avant de me blesser et de prendre une bonne décision quand je rencontre mon mur, au lieu de le frapper.

C’est beau de dépasser ses limites, à condition que cela se fasse en pleine conscience. Sans quoi, on risque de ne pas intégrer les bienfaits de ce dépassement. Nous en voudrons plus, et plus vite, et cela peut souvent nous mener vers des blessures de toutes sortes. Dans un monde où tout va vite, on a tout à gagner à courir en pleine conscience; d’abord, pour moins se blesser, mais surtout, pour mieux profiter des bienfaits de la course.

Voici un bel exercice très simple que je vous propose, le « BodyScan » : 

1- Au moment le plus opportun de votre journée, arrêtez-vous complètement. Sans cellulaire, sans musique, sans personne autour pour vous déconcentrer. La pleine conscience se développe avec la pratique. Donnez-vous le temps pour apprivoiser cette méthode.

2- Votre lieu choisi, asseyez-vous, ou allongez-vous, si cela est possible. 

3 – Une main sur le ventre, l’autre sur le sternum, respirez. Commencez par cette étape, et revenez-y à chaque fois que vous serez redirigé.es vers votre mental, durant tout le processus.

4 – Maintenant, apportez toute votre attention dans vos pieds, en commençant par vos orteils, puis les chevilles, les talons, et toutes les parties que vous arriverez à ressentir, une à une.  

5 -Remontez le long des jambes, et selon le temps que vous avez devant vous, faites chaque partie de celles-ci, en mettant un peu plus d’attention dans les zones où vous ressentez des tensions. Offrez-vous un massage grâce à votre conscience.

6- Viendra ensuite le tour du bas du dos, des fessiers, du ventre, des bras, de la cage thoracique, de la tête, etc. Votre « BodyScan » peut durer aussi longtemps que vous le souhaitez.

7- Une fois votre séance complétée, restez immobile, revenez simplement à votre respiration, en y accordant encore plus d’attention. S’est-elle modifiée, approfondie, allongée, ou est-elle restée comme au début de l’exercice? Quel est votre état général. Ne jugez pas, constatez uniquement. 

Ce petit exercice simple est appelé « BodyScan* ». En pleine conscience, il est utilisé pour se détacher du mental et entrer dans le ressenti. Pour les coureurs, c’est un exercice extraordinaire qui permet de mieux percevoir le corps, ses tensions, et les blessures potentielles. Après plusieurs séances, vous serez même aptes à l’appliquer durant vos sorties. Cela vous permettra, entres autres, d’améliorer votre foulée, votre posture, votre tonus et de rencontrer vos limites. Celles qui peuvent être franchies, et celles qui méritent d’être entendues, et pour lesquelles un arrêt s’impose.

Bonne course!

* pour vous aider, des méditations de « BodyScan » sont en ligne gratuitement sur youtube, cherchez celles de Jon Zabat-Zinn. 

9 réflexions au sujet de “De l’importance de courir en pleine conscience”

  1. Très bon article, j’essaie de pratiquer la pleine conscience tous les jours et c’est vraiment payant! Tel que Jon dit, on peut aussi faire la mindfulness walking et j’essaie de fois la mindfulness running!! Merci!

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  2. Très bon article, merci pour le partage. Ceci m’encourage de savoir qu’il y a des autres coureurs en solo pour leur bienêtre et non pour la compétition.

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  3. Mon secret est dévoilé!! Je courre en sentier depuis l’an dernier et le nombre de chutes que j’ai absorbé l’été dernier est assez important. Je médite depuis plusieurs années déjà mais justement, depuis le mois de février, j’ai ajouté à ma routine quotidienne, un scan corporel de 40 minutes. Quand je manque de temps, j’en fais un court d’une 15aine de minutes. Mais chaque jour je me scan le corporel… résultats?! Je ne tombe plus, ma foulée s’est amélioré grandement, mon agilité et mes réflexes en sentier sont de beaucoup supérieurs à l’an dernier. Je suis beaucoup plus rapide et efficace sans même l’avoir prémédité. Juste le plaisir de courir en sentier m’était suffisant. Maintenant, je peux en profiter encore plus et c’est effectivement le scan corporel quotidien qui m’a permis ce cadeau, le responsable… ben moi aussi là!! 😉

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