Continuer ou arrêter de courir?

En ce temps de l’année où l’opinion générale se partage entre « il est temps que ça finisse » et « il faut en profiter au maximum » (de la neige bien évidemment), j’avais envie de vous partager l’histoire métaphorique de mes hamsters, qui eux, courent sans arrêt dans ma tête, à -30°C comme à 30°C, tempête ou pas, ils courent. 

[Déf. hamster : nom commun, masculin, au pluriel dans ce cas-ci, faisant référence à de petits rongeurs qui courent sans cesse dans leur roue d’exercice pour faire fonctionner les différentes parties du cerveau.] 

En 2020, il est difficile ne de pas être stimulé. Que ce soit par les médias sociaux, les amis, le travail, les défis sportifs, … Tout est possible! Les idées de projets s’enchaînent, ne rien faire peut parfois être malheureusement mal perçu, on ne veut rien manquer, on saisit toutes les opportunités pour en arriver à un point où l’on se dit : « Wouh, je prendrais bien une p’tite pause ». Et c’est normal!

Personnellement, lorsque je passe d’une to-do list à une autre en voyant bien que rien ne progresse vraiment, que chaque tâche prend tranquillement la forme d’une montagne, que je remets ma vie de travailleuse autonome en question (alors qu’en réalité, je ne retournerais jamais au titre de « salariée »), c’est MON coup de sifflet pour prendre une pause. 

C’est aussi à ce moment que la course à pied entre en jeu. Courir pour arrêter de courir. Cette phrase entendue il y a déjà plusieurs mois de ma bonne amie et entraîneure de course, Catherine Morasse, résonne encore à mes oreilles. Cela voulait tout dire, mot pour mot.

Ce qui se passe avec mon peloton composé d’une dizaine d’hamsters, c’est qu’ils travaillent en équipe et chacun possède sa force. Au fil du temps, j’ai appris à les (me) connaître et j’accepte que certains projets ou objectifs prennent un peu plus de temps que prévu parce que le hamster bon au 1500m est fatigué, alors il passe le relais à celui du 5000m. Ils se relaient sans cesse, affrontent les obstacles, trouvent des solutions, ajustent leur plan, ralentissent ou accélèrent, mais avancent toujours.

C’est lorsque je me prépare pour aller courir, que le relais m’est passé. Pendant ce temps, toute la gang ne court pas et se repose. Il n’y a aucune roue d’exercice qui spin. Alors la tranquillité d’esprit s’installe pour me laisser pleinement profiter de ma course. La terre ne s’arrêtera pas de tourner s’il reste 2-3 (4,5,6…10) trucs sur ma to-do list. Il y a juste leur roue qui va s’arrêter l’instant que je savoure chaque foulée de ma sortie de course. Et ça, ça fait du bien.

Donc je cours pour qu’ils arrêtent de courir. Vous me suivez ? Tout le monde y gagne.

Leur intensité varie, leur volume également. Du niveau élite à récréatif, digne des Olympiques ou du dimanche, ça dépend des jours et des périodes de l’année. Et parfois, il y a des journées semaines où c’est repos général, l’entretien des roues d’exercices (et de mon corps) se fait et ON récupère sur tous les plans. 

ON, car on est une équipe au final. Avec le temps, on a su développer un vaste répertoire de signaux pour communiquer ensemble. C’est aussi ça une équipe d’hamsters/humains: se comprendre, s’entraider et se respecter pour continuellement avancer (ou) courir dans le plaisir.

Notez qu’il s’agit de mon interprétation personnelle du hamster. Pour ma part, je ne les vois pas comme de satanés rongeurs inépuisables qui ne vont nulle part en carburant aux sources de stress. Ils ne sont pas synonyme d’angoisse. Je trouve seulement qu’ils courent beaucoup, mais dans la bonne direction. Ils prennent parfois des détours (qui ne s’est jamais perdu lors d’une sortie de course hein ?), mais finissent toujours par retrouver leur fameuse petite roue pour continuer d’avancer.

High five mes hamsters!

Est-ce que ça vous arrive aussi d’aller courir pour arrêter de courir ? 

4 réflexions au sujet de “Continuer ou arrêter de courir?”

  1. Beau témoignage appuyé sur une description imagée, personnelle et somme toute précise de toute l’agitation qui nous habite souvent en cette ère de sur-stimulation. Moi aussi, j’ai cette impression de vivre mieux le moment présent lorsque je fais de la course. Cela s’applique aussi dans le cas de la méditation de pleine conscience. Dompter ses hamsters pour jouir davantage de la vie et se sentir aux commandes de celle-ci. À défaut de quoi, nos hamsters nous épuisent et sapent toute notre énergie nerveuse, vitale.

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    • Il faut faire équipe avec ses hamsters (ou les dompter comme vous dites ahah)! Et je suis d’accord, avec la méditation pleine conscience, on n’arrête pas de penser, on profite tout simplement du moment et ce qu’il se passé réellement dans l’instant présent. Merci pour votre lecture!!

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  2. Ma sortie quotidienne est vitale pour moi. Marche, course, peu importe, c’est mon moment où je suis concentrée sur moi même. J’arrête de «courir» et je relaxe. Je ne ressource et je fais le plein d’énergie.
    Merci pour ce témoignage.

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    • Je suis tellement d’accord, à chaque jour nous devrions prendre un moment pour soi, prendre une pause, sortir dehors tout simplement! Vitale est le bon mot 😉 Merci pour votre lecture!!

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