Entraînement des jeunes : attention à la spécialisation hâtive

L’entraînement chez l’enfant est un sujet qui peut amener bien des discussions parfois enflammées, où chacun y va de son point de vue et de son parcours personnel. Tout devient plus émotif lorsqu’on parle de nos “chères têtes blondes”. On veut s’assurer de faire la meilleure chose pour eux et c’est légitime. Ces dernières années, l’engouement pour la course à pied s’est aussi propagé chez les enfants. Plusieurs événements de course rassemblent des centaines d’enfants coureurs. On voit aussi de plus en plus de jeunes participer à des épreuves relativement longues, comme le 5 km voire le 10. Choix personnel? Influence des parents? Insistance des parents?

 

Dans cet article, je ne me pencherai pas sur les distances que devraient parcourir les enfants, mais plutôt sur les sports qu’ils devraient pratiquer.

Ma recommandation : les enfants devraient pratiquer une multitude de sports.

À mon avis, un des plus gros problèmes dans le développement des athlètes aujourd’hui est la spécialisation hâtive. Prenons l’exemple fictif d’un enfant prénommé  “Jean”. Jean a 7 ans et aime le soccer. Ses parents veulent absolument qu’il réalise son plein potentiel en soccer, donc ils l’inscrivent au soccer intérieur l’hiver, en plein air l’été sans oublier les camps de jour durant les vacances. Finalement, Jean fait énormément de soccer, il performe durant plusieurs années et  parfois il domine la ligue! Toutefois, rendu à l’âge de l’adolescence, Jean se fait rattraper par des joueurs qui étaient beaucoup moins performants que lui lorsqu’il avait 7 ans… Pourquoi?

Cet exemple pourrait être répété dans plusieurs sports. Concrètement, il faut toujours garder en tête son but à long terme. L’objectif n’est pas de faire de Jean, le meilleur joueur de soccer possible à 8 ans (personne ne se souvient du meilleur au monde dans le U9), mais qu’il devienne le meilleur joueur de soccer possible à l’âge adulte.

Comment y arriver?

Pratiquer plusieurs sports.

Une récente étude sur des joueurs de la NFL mentionnait que 86,7 % des joueurs sélectionnés par des équipes en 2014 jouaient au moins à deux sports à l’école secondaire. Près de 40 % des joueurs sélectionnés pratiquaient 3 sports!

Je me souviens, durant mes études universitaires, avoir rencontré un coach de volley-ball de haut niveau. Il disait que l’un de ses problèmes majeurs était que ses joueurs avaient un répertoire moteur restreint.

J’en reviens aux jeunes coureurs. Que des enfants et des adolescents fassent de la course, c’est vraiment formidable. Par contre, l’idéal pour leur développement à long terme serait qu’ils pratiquent aussi d’autres sports en parallèle.

 

7 réflexions au sujet de “Entraînement des jeunes : attention à la spécialisation hâtive”

  1. Je suis tout à fait d’accord avec le fait que les enfants doivent pratiquer le plus de genre de sports possible afin de développer plusieurs aptitudes psycho-moteur et capacités physiques. De plus, il faut éviter de pousser un enfant à trop performer. S’il aime un sport, il performera de lui même car il le pratiquera régulièrement. Certain feront parti de l’élite, beaucoup d’autres non. Il n’y a qu’un infime pourcentage qui deviendront professionnel. Si vous brûlez votre enfant car vous lui mettez beaucoup de la pression pour qu’il performe, un jour ou l’autre, il finira par arrêter et votre enfant ne sera pas heureux. Je suis père de 2 jeunes enfants et je base leur apprentissage sur le plaisir de pratiquer un sport et non pas sur la performance. 🙂

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  2. Bien d’accord!Pas seulement pour leur donner plus d’aptitude physique, mais aussi leur permettre de découvrir ce qu’ils aiment vraiment.

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  3. Si on remplace le mot “soccer” par “hockey” dans cet article, la portée de sera pas la même… et tellement plus approprié pour un article écrit au Québec… Bref, je suis entièrement d’accord avec l’auteur de cet article!

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