La VIE en ROSE

Ça a commencé comme ben d’autres : je venais d’enfiler trois grossesses en trois ans pis mettons que ça avait donné un pas pire coup de grâce à mon esthétique de jeune fille. Y’avait du « restant de bébés » autour de mes hanches, pis on m’avait dit que la course était la meilleure façon de me remettre le popotin dans un format acceptable. On ne m’avait pas dit à quel point ça deviendrait une passion pour la maman dépassée que j’étais.

Fait que j’ai pris mon courage à deux mains, pis j’ai acheté une paire de joggings, une paire de runnings pas trop chères mais qui semblaient acceptablement confortables, pis je me suis téléchargé une application pour commencer.

Ma-la-de. Je n’ai pas réussi à finir mon premier intervalle de course, j’ai fait 10 secondes et je suis retournée chez nous, penaude pis au bord de la crise d’asthme. Je me suis allumé une cigarette pour oublier tout ça, pis j’ai tout roulé en boule dans le fond de mon tiroir.

Juste à côté de mon orgueil pis de mon estime de moi.

C’était ben à la mode, ce Noël-là, de faire le bilan de son année sur les réseaux sociaux et d’énoncer ses objectifs pour l’année à venir. « Cette année, je pense à moi pis je me remets en forme. J’aimerais commencer la course à pieds. » que j’ai dit. Oops, je venais de mettre le pied dans l’engrenage !

Par le biais d’un groupe de remise en forme qu’une précieuse amie m’avait fait connaître, je me suis inscrite à ma première course. J’allais courir en me faisant pitcher de la peinture au mois de mai suivant.

Étonnamment, ça a bien été. J’étais tellement motivée, et surtout, je faisais les choses comme il faut. Pis quand tu mets l’orgueil de côté et que tu suis le plan, ça progresse vite en titi et tu te prends au jeu. Tu comptes, tu calcules la distance, tu t’épates à chaque fois.

Ça a un effet domino : j’ai commencé à ressentir les « side-effects » de la course à pieds. J’allais plus vite à chaque fois, j’allais plus loin aussi. En tant que maman, j’avais besoin de retrouver du temps pour moi, quelque chose qui n’appartenait qu’à moi. La course est devenue ma soupape, mon antidépresseur, ma meilleure amie. Pendant mes sorties, j’oubliais que j’avais pas dormi la veille, j’oubliais que mon plus vieux réagissait à son frère, j’oubliais que je m’oubliais.

Sans m’en rendre compte, je me suis mise à mieux manger, à faire des tests pour que mon alimentation soit plus « performante ». Je me prenais au sérieux en titi, avec ma manie de calibrer mes repas, mais ça m’a permis de mettre en place des habitudes alimentaires durables.

Pas juste pour moi, d’ailleurs, ma famille aussi a amplement bénéficié de ces changements! Plus de jeux dehors, moins de fast-food pis moins de télé. Pour mes mini-ploucs, y pouvait pas y avoir mieux. Pis une maman qui sourit, qui est équilibrée et reposée. Moins anxieuse, en meilleure forme. Plus disponible, j’étais capable de jouer avec eux, maintenant.

image2 Quand j’ai passé l’arche, à la fin de ma première course, j’avais un sourire gros comme la fierté qui gonflait mon cœur. C’était la première chose que je réalisais uniquement pour moi, depuis la naissance de mes enfants ! Je portais pus à terre, tellement j’étais fière !

C’est tellement grisant, cette valorisation nouvelle, cette estime de soi qui te prend sous son aile, que j’ai voulu progresser, toi-chose. Oui, oui! Moi, la fille qui n’avait pas assisté à un cours d’éducation physique depuis son secondaire trois, je m’étais inscrite à mon premier 10 km, pour septembre, la même année. Mon chum pis les enfants m’ont suivie dans ma folie, faisant mes « longues » à mes cotés, en patins ou à vélo, à m’encourager quand je faiblissais, le dimanche matin.

J’ai eu de la chance, j’ai eu un congé de maternité accompagné de femmes formidables qui faisaient le même cheminement que moi. On peut donc dire que la course m’a permis de me sortir de l’isolement de la nouvelle maman que j’étais, elle m’a permis de m’ouvrir aux autres, de voir que d’autres mamans vivaient la même situation que moi.

Avec les autres mamans, on a continué à partager notre passion, on a continué à s’impliquer dans la remise en forme post-partum, parce qu’on aimage3 tellement bénéficié des bienfaits de notre sport fétiche. Comme mamans, comme conjointes, comme femmes.

Pis j’ai eu un autre enfant. Me voici donc de retour au point de départ, plus en forme que la dernière fois, mais avec un enfant de plus, aussi ! Pis comme la vie de maman coureuse n’est pas toujours ROSE, je vous invite à me suivre dans ma réalité qui, je l’espère, saura vous divertir !

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