Je n’aime pas courir avec une poussette

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Je n’aime pas courir avec une poussette

J’ai une confidence à faire : j’ha-guis courir avec ma poussette de course!

Pis c’est pas parce qu’elle est cheap, non, non! C’est une super poussette de course! La roue qui bloque en avant, toé-chose, pis les amortisseurs aux (méga-grosses) roues arrière.

Elle vire sur un trente sous, que dis-je? Un dix cennes et elle réagit au quart de tour à chaque changement de terrain.

Y’a tellement de réglages, que j’ai l’impression de m’apprêter à faire décoller un avion, quand j’installe mon fils dedans.

-Harnais?

-Activé!

-Leash pour pas l’échapper?

-Autour du poignet!

-Dispositif de freinage?

-Relevé!

-3,2,1… décollage!

Là, je pogne la rue, mon amie, avec tout un air d’aller! Comme si le ciel était ma limite, comme si mon gars fendait l’air, dans son bolide propulsé par mes pattes! Flash McQueen peut aller se rhabiller, Môman foule le bitume!

Matantes tassez-vous, je suis sur la route, pis je pousse, pousse, pousse, mon chariot, chère! C’est de la détermination à l’état pur. Pis j’en sue un coup. Pis j’en force une shot.

La doudou de bébé glisse subtilement, au rythme de son endormissement et elle finit drette dans le mécanisme de la roue avant qui stoppe nette sa révolution et fait atterrir le guidon (volant? Poignée?) de la poussette direct dans mon abdomen. J’en ai le souffle coupé et la secousse réveille l’héritier assoupi dans son carrosse de nylon.

Bébé se met à pleurer, je me retrouve en plein milieu de la rue, à gérer une apocalypse pouponnière. Je sais pas trop quoi faire : retourner à la maison en courant encore plus vite, mais pas sûre d’y arriver : mes trapèzes sont déjà rackés d’avoir poussé tout croche ma monture; ou prendre le bébé tout croche dans un de mes bras suants, pis pousser la poussette de l’autre, encore tout croche.

Dans un cas comme dans l’autre, ça donne un scénario digne d’un Charlie Chaplin.

Et c’est sans compter que si ma boule d’amour ne fait pas de vocalises, pendant la balade, c’est probablement qu’il se sera endormi. Et s’il s’endort, bercé par ma foulée digne d’une ballerine Russe en pleine prestation, c’est qu’il ne dormira pas, TANTÔT, quand MOI, je serai fatiguée!

Fait qu’en plus d’être fatiguée parce que j’avais oublié que courir avec une poussette, c’est pas comme une p’tite marche de santé sur le bord du Fleuve, je vais pas pouvoir faire de sieste non plus? Hmmm, laissez-moi y réfléchir!

Ni prendre ma douche?

J’aurai pas vraiment fait le vide, non plus. Pis je suis pas mal sure que je ne serai pas « satisfaite » de ma performance.

Oh j’ai bien essayé d’aimer ça! Ce serait tellement plus simple à tous les niveaux! L’organisation des horaires de tous et chacun, le temps de repos en couple, le soir, plus de temps à macérer dans mon bain, mais non, ça marche pas.

Pas besoin de stresser pour squeezer ma longue à travers le soccer du grand pis les siestes de plus en plus laborieuses de Numéro Deux, je la ferais avec Mini en pleine journée! Pis pas besoin non plus de rusher pour faire la routine, le soir, avant le coucher du soleil! Ya rien que du positif à courir avec la poussette!

Mais j’aime pas ça, que veux-tu.

Pis la principale raison pourquoi j’aime pas courir avec ma poussette, c’est que la course est mon moment à moi. C’est MON moment d’évasion.

Quand je cours, je refais le monde, je m’abandonne à ma musique pis je suis le rythme de mes pas. Pis ce moment, aussi égoiste que ça puisse paraitre, j’ai pas envie de le partager avec une poussette.

Et vous, êtes-vous plus du type poussette ou solo?

4 réflexions au sujet de “Je n’aime pas courir avec une poussette”

  1. J’ai commencé à courir quelques mois après la naissance de mes jumeaux (kids #2 et3) parce que j’avais besoin d’une sérieuse remise en forme après une grossesse plutôt difficile. Je me suis rendu compte assez rapidement qu’avoir ce temps pour moi seule au milieu du tourbillon de trois petits aux couches en même temps était une sérieuse source de motivation. 16 ans plus tard, je cours toujours, et j’apprécie toujours autant ce temps où personne ne peut me demander quoi que ce soit… Même si je ne cours pas nécessairement toujours seule, cet isolement relatif demeurer une grande source de motivation. Alors courir avec une poussette? Je me demande bien pourquoi quelqu’un voudrait faire ça.

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  2. Voilà qui est bien résumé! “C’est mon moment à moi et j’ai pas envie de le partager avec une poussette” … j’ajouterais que ce n’est pas tant la dîte poussette que la gestion qui vient avec.

    Sortir la poussette. Sortir le bébé. Attacher le bébé. Habiller le bébé en conséquence parce qu’il ne cpurt pas lui, il aura peut-être froid… ou trop chaud? Retourner à la maison parce qu’on a oublié la suce. Partir courrir. Arrêter après deux minutes parce que bébé chigne. Reprendre la course. Arrêter de nouveau parce que la bouteille est tombé. Repartir à courrir. Mais où est ma musique… ah mais non je cours sans musique parce que je dois entendre bébé en cas de besoin. Courrir. Éviter les côtes parce que c’est deyx fois plus de travail. Oh et surtout se croiser les doigts pour ne pas faire face au vent, ish!. Revenir de courrir. Serrer la poussette, rentrer tout le stock. Rentrer bébé. Me traîner en d’dans et me dire que c’était la dernière fois que je me donnais autant de trouble.

    Sortir la poussette quelques jours plus tard pour aller courrir car ça fait du bien de pouvoir sortir et essayer de courrir.

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  3. Pis où sont les papas merde ! Toujours les mêmes qui doivent tout gérer en même temps ! T’en as vu beaucoup toi des hommes au bout d’une poussette ??

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  4. Tellement vrai!!! J’adore cette article! Le truc je crois c’est de pouvoir faire les deux! Du solo…(pour les perfo) et du tandem avec bb quand papa n’est pas à la maison pour s’occuper de bébé. Comme ça, lorsque tout tourne au cauchemar ont sait que notre sortie solo de la semaine s’en vient et que l’on pourra écouter notre musique comme bon nous semble et partir dans notre bulle!! Ça nous garde motivé et positive au travers de tout ce quaos!! Bonne course! 🙂

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