Prends garde à ta vie, mon amie

Le 6 mars 2017, Kelly Herron s’est fait attaquer alors qu’elle faisait une pause pipi dans un parc, un peu avant la moitié de sa sortie d’entrainement pour un marathon. Sa montre GPS a capté l’agression et elle a décidé de la publier sur son compte Instagram, run_kiwi_run . Elle avait suivi un cours d’autodéfense à son travail, la semaine précédente, ce qui lui a permis d’éviter l’agression en se défendant.

En Octobre 2014, une jeune femme s’est fait brutalement assassiner alors qu’elle courait sur une piste cyclable.

En septembre 2015, une femme s’est fait attaquer à 9 :30 le matin, sur le sentier de la Rivière Saint-Charles, à Québec. L’endroit de son agression est un superbe endroit devant lequel je passais quatre ou cinq fois par semaine, quelques mois auparavant.

Prends garde à ta vie, mon amie

En tant que maman, je dois parler de sécurité au minimum 400 fois par jour à mes enfants. Les bons vêtements, le bon équipement, la bonne façon de pratiquer un sport, mettons qu’en frais de sécurité, je devrais être assez habituée pour savoir quoi faire quand il s’agit de moi. Si t’es comme moi, il y des chances que tu apprécies la course pour le sentiment de liberté et d’évasion que ça procure quand t’es pas capable d’aller faire pipi seule, 75% du temps. Mais il reste qu’on entend parfois parler d’histoires d’horreur, pis que la sécurité devrait être une aussi grande préoccupation pour nous que la décharge d’endorphines qu’on attend tellement.

Première des choses : être visible. Une fille aux cheveux noirs, avec une tuque noire, un manteau noir pis des leggings noirs, à huit heures le soir, ça ressemble plus à une cambrioleuse qu’à une coureuse en entraînement. C’est donc le moment rêvé de laisser libre cours à tes désirs de funky et de t’équiper en fluo et en gadgets lumineux ou qui réfléchissent la lumière des véhicules qui croisent ta route. Un sifflet, c’est pas du gros luxe, tout comme une pièce d’identité et une couple de dollars. Parce que non, on ne sait jamais ce qui peut arriver.

Avoir un partenaire de course, ça change les idées, ça motive, ça challenge et ça sort de notre zone de confort. Ça nous évite aussi d’être trop absorbée par la musique ou la cadence qu’on cherche à atteindre, pis ça fait une deuxième paire d’yeux sur le parcours. D’un point de vue purement théorique, c’est la solution à tous les risques, mais dans la vraie réalité vraie, c’est pas toujours évident, de trouver ton âme sœur du bitume. Les aléas de la vie nous mettent souvent des bâtons dans les semelles, on le sait ben, mais en cherchant un petit peu et en restant flexible sur tes attentes, c’est possible de trouver. Qui sait, tu pourrais même te faire une nouvelle amie!

Les femmes seules sont parfois la cible d’attaques lorsqu’elles pratiquent la course. C’est effectivement assez facile pour une personne mal intentionnée de jeter son dévolu sur une victime potentielle qui sort seule tous les lundi, mercredi et vendredi à 19h30, pis qui fait exactement le même trajet, en passant devant les mêmes maisons, au même rythme. Quand on regarde ça comme ça, on voit que pourrait être une bonne idée de varier les plaisirs et les parcours un peu.

Évite de publier un peu partout les cartes de tes trajets, aussi. On sait pas, avec les réseaux sociaux, le genre de personne qui nous suit. Pis de voir ta belle face en camisole dans un montage qui identifie ta maison avec un gros point rouge, ça peut donner des indices un peu trop clairs à quelqu’un de mal intentionné. Ya même des applications qui t’offrent de brouiller le point de départ de tes sorties, avant de les publier. À considérer fortement.

Parlant d’itinéraire : mettons que tu prévois partir pour 6-7 kilomètres, avise quelqu’un du parcours approximatif que tu vas faire, pis de la durée de ta sortie. Un chum averti en vaut deux. Pis si il te voit pas arriver après deux heures, il va savoir où aller se promener pour s’assurer que tu t’es pas enfargée dans une bouche d’égout pis que t’es pognée pour marcher les 8 kilomètres qu’il te reste pour rentrer à la maison.

C’est aussi une bonne idée de ne pas te fier aux autres usagers de la route. Encore une fois, tu t’évertues au quotidien à faire comprendre à tes enfants de ne pas traverser la rue sans regarder des deux côtés, ça serait bien de le mettre en pratique. Parce que mettons que frapper un pare-chocs qui a pas fait son stop pendant un intervalle rapide, ça te compromet une saison assez vite, merci! Ya les vélos, les patins, les autres coureurs, aussi. T’es responsable de ta sécurité. Fait que comme y disent dans mon coin de pays : fais attention aux machines!

Je m’en voudrais de passer sous silence les cours d’autodéfense pour coureurs. Parce que oui, ça existe et il y a de plus en plus de coureurs qui suivent ces ateliers. Ça t’apprend comment réagir, quand on t’attaque par surprise, et éviter les conséquences auxquelles on pense toutes, mais qu’on ne nommerait jamais. Et on va s’avouer qu’on est toujours fière de montrer à notre chum qu’on peut lui faire une clé de bras!

C’est souvent du gros bon sens, ces trucs. Mais on a tendance à se laisser aller, dans notre quête d’amélioration et de liberté. Je me rends compte, en écrivant ces lignes, que j’aurais moi-même une couple de petites améliorations à apporter à ma routine, pour la rendre plus sécuritaire, encore. Parce qu’au fond, quand on court, ce qu’on recherche c’est un rush d’endorphines, pas d’adrénaline!

6 réflexions au sujet de “Prends garde à ta vie, mon amie”

  1. Merci pour cet article! Je suis une femme et j’avoue qu’il m’arrive fréquemment de penser que je peux me faire attaquer à tout moment. Je cours parfois le long d’un fossé où une belle pancarte indique : Attention fossé profond… rien de rassurant. Heureusement, j’y croise beaucoup de monde (autres coureurs, familles, promeneurs de chien). Mais reste que j’hésite souvent à passer par là… et tout autre sentier légèrement boisé où quelqu’un pourrait s’y trouver… Je me contraint donc souvent à rester sur le béton et me promener dans les rues de mon quartier plutôt que de profiter de la bonne odeur d’herbes fraîchement coupées…

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  2. Il existe une application; Glympse, qui permet à une personne de suivre à distance l’itinéraire d’une autre personne. Je l’utilise de temps à autre quand je suis dans des endroits plus isolés ou non.
    Merci pour les bons conseils

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  3. Merci pour cet article fort pertinent! J’ai suivi en octobre 2016 un atelier de deux heures donné à des coureuses par un policier. On a pratiqué quelques techniques simples de défense…avec un ballon… Cela m’a donné de l’assurance! Je sais comment mieux identifier un danger potentiel, m’y préparer, me défendre de manière tout à fait primale et brute. Pas besoin de cours d’autodéfense, avec ses techniques plus élaborées qu’il faut pratiquer souvent pour bien les maîtriser. Courez vite suivre un atelier de sensibilisation pour coureuses afin de vous sentir moinsvulnérables sur les sentiers!

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