Entrevue Hélène Dumais

– Entrevue avec Hélène Dumais –
Athlète, entraineuse, massothérapeute et conférencière.

Lecture de 1185 mots
Peux-tu nous parler un peu de ton historique en tant qu’athlète?

Aventurière dans le coeur, le corps et l’esprit; c’est la manière dont mon cerveau est programmé depuis toujours. La course est apparue à 23 ans, de par mon intérêt pour la santé qui m’a incité à faire de l’activité physique quotidiennement. J’ai fait mes premières foulées officielles sur le Mont-Royal. Ayant déjà traversée en randonnée pédestre les 200 km du GR20 en Corse et les 870 km du GR10 dans les Pyrénées, les sentiers sinueux hors piste m’ont tout de suite appelés.

 Ma première compétition fut un 10 km en trail où, à ma grande surprise, j’ai remporté la première place. 10 km est rapidement devenu 21 km, puis 50 km, sautant ensuite sur les 100 km et plus. Le reste est de l’histoire ancienne. Ma passion pour l’aventure m’a poussée à passer des courses organisées aux ultras sur plusieurs jours en pleine autonomie, et jusqu’à créer mes propres expéditions. Parmi mes accomplissements, on compte la traversée de l’île d’Oahu à Hawaï, les 400 km de la Floride d’ouest en est, les 430 km de la Spine Race en Angleterre, les double défis personnels où je combine deux courses de plus de 24 heures une après l’autre – Survival Run Canada (115 km, 36 heures) + UTMB (170 km, 40 heures) – et bien sûr la “petite dernière”: l’Infinitus 888 km!

D’un oeil extérieur, les défis que tu te lances semblent extrêmes, comment les qualifierais-tu?

Tout est une question de perception. Qu’est-ce qui qualifie une expérience comme étant extrême? Son niveau de risque? Son originalité? Son atypicité? Je qualifierais mes défis quelque peu hors du commun sans pour autant dire qu’ils sont extrêmes. J’ai une crainte pour la vitesse et les hauteurs, alors l’escalade en solo libre et le vélo à haute vitesse tombent dans la catégorie extrême pour ma part. Vu d’un oeil extérieur, je comprends d’où peut provenir cette conclusion à propos de mes défis. Ce n’est pas dans les normes de faire ce que je fais. Mais “hors norme” n’équivaut pas nécessairement à «extrême». L’être humain est non seulement l’animal le mieux adapté à parcourir de longues distances, mais il est conçu pour ce type d’activité. Nous n’avons pas évolué physiquement pour être assis comme l’homo sedentarius, sauter comme la gazelle, nager comme le dauphin ou voler comme le faucon. C’est dans notre conception physique naturelle que d’être des marcheurs et coureurs. Dans le choix de mes défis, j’aime explorer ce plein potentiel que nous possédons tous. J’essaie de rester authentique, de suivre ce que mon coeur à envie, et d’être spontanée.

L’an dernier, tu as été la première femme à compléter l’Infinitus, peux-tu nous parler de cet événement et de ton processus pour y participer?

 

 
 
 
 
 
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En conférence exclusive de retour d’Infinitus 888k triomphante!

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 La vie c’est comme une course interminable; on a tous notre propre Infinitus à surmonter. Mon périple sur la distance mythique de 888 km de la course Infinitus a duré 3 ans. L’histoire se résume difficilement en quelques lignes. Ma conférence Veni Vidi Vici vous en donne tous les détails et bien plus!

Infinitus se déroule dans les Green Mountains au Vermont vers la fin mai. Elle est organisée par The Endurance Society, et offre plusieurs distances dont la plus longue: le 888 km. Greg Salvesen, le premier homme l’ayant complété en 2015, l’a surnommé “le trou noir des ultra marathons”. Le parcours dessine un signe d’infini d’une longueur d’un marathon (42 km) que l’on affronte plus de 20 fois en boucle. D’où son nom “Infinitus”, d’où sa distance tordue de 888 km, d’où son heure de départ de 8h08… Vous comprendrez vite que non seulement la tâche est immense physiquement mais encore bien plus mentalement! La barrière horaire pour compléter l’épreuve est de 240 heures (10 jours).

L’organisation et les participants forment ensemble une communauté riche tissée, très serrée. L’aide d’une équipe de soutien est permise, et fortement recommandée je peux en témoigner! En 2016, j’y suis allée en touriste, sans trop de plan. J’ai complété 670 km en 192 heures (8 jours). En 2017, je croyais avoir un plan, mais de nouveaux obstacles et défis sont survenus. J’ai tout de même atteint un record personnel de 738 km en 240 heures (10 jours). En 2018, j’ai construit un plan infaillible qui m’a mené à la victoire, devenant la première femme à compléter l’épreuve depuis la naissance de l’évènement quatre ans plus tôt. Dans ma conférence Veni Vidi Vici, je vous dévoile la recette parfaite qui m’a amené au succès. Cette conférence ainsi que le film documentaire Facing Infinitus sont deux produits qui en sont ressortis qui me permettent de partager la profondeur et magnificence de cet exploit personnel. Laissez-moi vous inspirer, venez trouver la motivation et les outils pour entreprendre vos propres rêves et défis qui peuvent parfois vous paraître impossible.

Quel est le message que tu veux partager en participant à des défis comme ceux que tu te lances?

Un rêve c’est comme un téléphone qui sonne: Il continuera de sonner jusqu’à ce que quelqu’un décroche. Une passion qui nous anime au fond de notre coeur ne peut être envoyée sur une messagerie vocale. Certaines personnes finissent par décrocher après un an; d’autres laisseront passer 50 ans (ma mère!) avant de finalement répondre à l’appel. Il y en a qui, tristement, ne décrocheront jamais l’appareil. Ils laisseront mourir leur rêves, leur talents et leurs idées, tout comme eux-même, alors qu’ils ont tous les moyens en eux pour les réaliser!

C’est par pure passion pour l’aventure, la montagne, et l’humanité que j’entreprends les défis que j’entreprends, et donner l’exemple qu’il est possible de poursuivre ses rêves si on se donne la permission de croire en soi. Je veux inspirer et motiver les gens à entreprendre des projets plus grands que ce qu’ils pensent possible de réaliser pour eux-même.

Quels sont tes projets pour les prochaines années?

Après avoir pris le temps de digérer ma victoire personnelle sur l’Infinitus 888 km en 2018, je me suis donnée comme thème pour 2019 de me concentrer sur ma mission: faire une différence dans la vie des gens et sur la planète. Je suis donc présentement à monter une série d’expéditions de course à caractère humanitaire et environnemental qui évolueront sur plusieurs années. Le concept est de créer un défi d’endurance spécialement autour d’une cause humanitaire ou environnementale afin de lui amener une plus grande visibilité. Chaque défi aura une équipe média qui donnera vie au défi et à la cause via photos, vidéos, articles et reportages. Par l’entremise de ma passion pour l’aventure et mes capacités athlétiques, je veux sensibiliser et éduquer les gens sur les problèmes dont nous faisons face et sommes tous responsables, afin de les enrôler dans un effort commun à sauver notre planète et l’humanité.

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1 réflexion au sujet de « Entrevue Hélène Dumais »

  1. Bonjour je suis un peu comme Heléne j aie commencé a 23 ans sa fais maintenant 40ans que je participe a des compétitions.je suis masters 3 et mon téléphone continue toujours a sonner .pour moi le sports une passion un bon mental

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