Courir pour le #gram

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De nos jours, on peut observer sans gêne que le cellulaire est devenu malheureusement une extension de notre bras. La rallonge parfaite pour immortaliser un selfie à tout moment de la journée. Et par moment, j’entends TOUTES les actions possibles du quotidien, incluant même la séance de course à pied.

Peu importe la distance parcourue, le famous selfie thumbs up post-course sera partagé sous peu sur les médias sociaux. Si ce n’est pas un selfie, c’est une photo de la montre affichant les stats ou bien des souliers vue de haut. Vous voyez le genre ? Assurément qu’il y a ce genre de photos qui passent sur votre fil d’actualité. Qu’on fasse parti des X, des Y ou encore des milléniaux, c’est une habitude virale, une tendance qui perdure un peu trop maintenant. Elle fera sans doute son temps comme la mode du lait au chocolat après les entrainements…

Cette habitude, soit on l’adopte, soit on ne la comprend pas. Comme moi, on passe d’un clan à l’autre parce qu’on réalise que ça n’apporte rien sauf d’essayer de créer un intérêt éphémère. Bien sûr, je comprends totalement le bonheur derrière cette photo. N’importe qui, après avoir couru, rayonne. On souhaite l’exposer à son entourage, incluant des centaines voire des milliers d’inconnus. Dans le fond, c’est pour les likes ou les kilomètres ? Il est vrai que ça peut en inspirer plus d’un et tant mieux, mais on s’entend aussi que ces photos relèvent d’une touche de narcissisme…On s’en voit inspirés, motivées, encouragés ! On peut également ressentir de l’envie, de la culpabilité, du découragement à force de se comparer avec des INCONNUS, mais ça, ce n’est jamais clamer haut et fort.

Bien que la communauté des coureurs soit très inclusive, supportrice et motivante, l’urgence de montrer sur les zinternets qu’on a couru, ça vient d’où ? Avant l’arrivée des réseaux sociaux, on ne passait pas à travers son carnet téléphonique pour aviser chaque personne : « Allo, j’suis allé courir. Hashtag runday funday. Bye. »

À la base, quand on se fait demander : « Pourquoi tu cours » la réponse est inévitablement : « Pour moi, parce que ça me fait sentir bien, j’aime ça. »

Ce qui est totalement vrai. Heureusement.

Mais je crois fermement c’est le temps de remettre en question cette tendance qu’est de montrer instantanément ses exploits. Certains diront que c’est moyen de communiquer, de partager ou d’inspirer ? Oui, peut-être. Mais clairement que ce n’est pas la bonne connexion qui se fait.

La fierté d’avoir couru est aussi grande que l’arrivée massive des endorphines dans le corps. Vivre et savourer pleinement ce moment, le sourire aux lèvres, devrait devancer l’envie de se prendre en photo à bout de bras. Prendre conscience de ce qui vient de se passer, d’actualiser son échelle de perception de l’effort. Courir c’est passer un moment avec soi-même. C’est se laisser porter kilomètre par kilomètre après avoir volontairement oublié son cellulaire à la maison.

Courir c’est connecter avec SOI, pour #SOI.
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