Un coureur averti en vaut deux

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Les dernières semaines ont été exigeantes, par contre vous avez l’impression d’avoir progressé. Si les séances d’entraînement intenses peuvent révéler un gain en forme physique et en vitesse, il n’en demeure pas moins que pour la plupart d’entre nous, c’est lors d’une compétition que se fait la validation. Dès le printemps, chaque semaine apporte son lot d’évènements sportifs. Il est donc aisé pour un coureur en quête d’un défi de trouver chaussure à son pied. Si l’entraînement est une chose, la préparation en est une autre. La ligne est mince entre une excellente performance et une expérience qui laisse à désirer. Selon le niveau de préparation, vous pourriez bien vous exclamer, en franchissant la ligne d’arrivée : « J’étais fin prêt! » ou « Je suis passé bien près… »

10 à 14 jours avant la compétition

Selon la distance parcourue en compétition, la période de repos qui précède peut varier. Vous réduirez probablement le volume, et passerez à l’affûtage. C’est donc dire que vous n’aurez pas besoin d’autant d’énergie. Les 10 à 14 jours qui précèdent un évènement peuvent convenir à une légère perte de poids (rien de drastique, bien sûr). C’est une excellente occasion de manger sainement, de réduire un peu les portions et de laisser l’alcool de côté.

Semaine avant la compétition

Le profil de la course apparaît presque toujours en ligne. Étudiez-le attentivement. Si vous excellez en montée, vous serez heureux de constater que le dernier kilomètre propose un gain significatif. Vous n’aimez pas les côtes? Au moins, vous serez averti et planifierez en conséquence! Pour les utilisateurs de Strava, pourquoi ne pas jeter un œil sur des activités d’autres coureurs, qui participaient à la même compétition l’an passé? Ça vous permettra de voir le profil selon des données GPS, et de constater à quels endroits les gens accélèrent et, surtout, ralentissent.

Cette année, vous joignez l’utile à l’agréable, et ponctuez vos vacances d’un évènement sportif. Bonne idée! Avez-vous bien réfléchi aux particularités de l’endroit que vous visiterez? À Phoenix, il est trois heures plus tôt qu’à Montréal, le climat est plus aride et le soleil cogne dur. Ce sont des éléments dont il faut tenir compte. Je me suis déjà pointé à une course 4 minutes avant le départ, croyant que je bénéficiais de 64 minutes. Le temps de me changer, de récupérer mon dossard, de l’installer à l’aide de 4 épingles (chose que je ne conseille pas de faire à toute vitesse!) et d’enfiler mes souliers, et j’entendais le décompte : 3, 2, 1, go! Dire que l’objectif premier était de célébrer l’anniversaire d’un ami coureur… Bonne fête!

Journée avant la compétition

Si vous participez à un évènement d’envergure, il se déroule fort probablement le temps d’un week-end. Bien qu’il soit alléchant de visiter la ville à pied, ou de passer quelques heures dans les kiosques, cette fatigue accumulée se fera sentir le lendemain. Prenez soin de bien vous reposer, gardez une bouteille d’eau à la main et épargnez vos forces.

Vous êtes gonflé à bloc et n’en pouvez plus d’attendre? Allez courir 15 ou 20 minutes, et effectuez quelques sprints. Vos angoisses s’atténueront ainsi un peu, au grand plaisir des gens qui vous accompagnent! Ce peut aussi être l’occasion de goûter au parcours qui vous attend.

En soirée, prenez un moment pour imaginer la journée qui s’annonce. Revoyez chaque étape, projetez-vous sur la ligne de départ, anticipez les sensations, visualisez le parcours…

Heures avant la compétition

Arrivez tôt, particulièrement si vous devez conduire. On n’est jamais à l’abri d’un accident de la route, d’un pont bloqué ou d’une crevaison. De plus, les places de stationnement seront prisées. Lors de l’échauffement, étudiez le début du parcours et déterminez l’endroit où vous vous positionnerez au départ. Révisez vos stratégies A (tout se déroule comme prévu ou mieux) et B (ça ne va pas tout à fait selon les plans, mais ça se gère bien), et l’option « siège éjectable » (douleur anormale ou aggravation d’une blessure, il vaut mieux arrêter).

Minutes/secondes avant la compétition

Après l’échauffement, ajustez une dernière fois vos souliers, puis faites un double nœud. Même chose avec le short. Personne ne veut choisir entre un lacet qui se défait et un short qui descend!

Respirez profondément, et rassemblez des pensées positives. Vous en aurez besoin! La compétition donne souvent l’impression de montagnes russes, le corps et l’esprit jonglant entre l’euphorie et l’agonie. Une bonne préparation vous permettra de mener le navire à bon port, que les eaux soient troubles ou la mer, calme.

Voilà, ne reste qu’à foncer! Bonne préparation et bonne course!

P.S. Chaque fois que je participe à une compétition, je me rappelle à quel point je suis choyé de le faire. Peu importe le résultat, c’est une occasion particulière de reculer mes limites, d’apprendre et de côtoyer des gens qui ont l’audace de franchir la ligne de départ, dans l’espoir d’atteindre la ligne d’arrivée. Simple, mais inspirant.

4 réflexions au sujet de “Un coureur averti en vaut deux”

  1. J’aime beaucoup ton P.S., car c’est vrai que dans la folie qui se passe dans notre tête avant un départ, on l’oublie trop souvent…
    Alors apprécions… simplement 🙂

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  2. Merci de partager ces trucs! J’ai commencé à faire des évènements de course il y a quelques années, et sans que je les considère comme des “compétitions”, j’aime bien mettre tous les avantages de mon côté.

    Bien écrit, en plus, le texte… Bravo.

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    • Merci beaucoup, c’est gentil! C’est en m’inspirant des trucs d’autres coureurs que j’ai pu m’améliorer un peu, alors j’essaie de rendre la pareille. Bonne course!

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